Objectifs

  • Connaître les principaux types de risques économiques et sociaux auxquels les individus sont confrontés (maladie, accident, perte d’emploi, vieillesse).
  • Comprendre que l’exposition au risque et l’attitude face au risque (perception du risque, aversion au risque, conduite à risque) diffèrent selon les individus, les groupes sociaux et les sociétés, et être capable de l’illustrer par des exemples.
  • Comprendre les effets positifs (bien-être, incitation à l’innovation) et négatifs (aléa moral) du partage des risques tant pour les individus que pour la société.
  • Connaître les principes (prévention, mutualisation et diversification) qui permettent la gestion collection des risques et savoir les illustrer par des exemples.
  • Connaître le rôle des principales institutions qui contribuent à la gestion des risques (familles, sociétés et mutuelles d’assurance, pouvoirs publics).
  • Comprendre que la protection sociale, par ses logiques d’assurance et d’assistance, contribue à une couverture des risques fondée sur le principe de solidarité collective.

Problématiques

Qu’est-ce qu’un risque ?

Quels sont les principaux risques économiques et sociaux ?

Quelles attitudes face au risque ?

En quoi l’exposition et les rapports aux risques diffèrent-ils selon les individus ?

Quels sont les moyens de la prise en charge collective des risques ?

La gestion des risques : Comment et par qui ?

Comment la gestion des risques est-elle répartie entre différentes institutions ?1

La protection sociale : tous solidaires face aux risques ?

Quelles sont les logiques de couverture des risques de la protection sociale ?

Comment les logiques d’assurance et d’assistance contribuent-elles à une couverture des risques ?

Quels sont les effets de la prise en charge collective des risques ?

Plan

I — À quels risques économiques et sociaux les individus sont-ils exposés dans les sociétés développées ?

A) Une diversité de risques économiques et sociaux

B) Une exposition et une attitude différente face aux risques

 

II — Comment gère-t-on collectivement les risques ?

A) Les différents principes de la gestion collective des risques

B) Les différents acteurs de la gestion collective des risques

 

III — Sur quelle logique se fonde la protection sociale et quels sont les effets de la prise en charge collective des risques ?

A) Assurance et assistance au sein de la protection sociale

B) Les effets positifs et négatifs du partage des risques

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Le revenu universel : une bonne idée ?

I — À quels risques économiques et sociaux les individus sont-ils exposés dans les sociétés développées ?

  • Un risque désigne l'éventualité d'un événement futur qui peur causer un dommage. Les individus sont confrontés à des risques tout au long de leur vie : maladie, accident, perte d'emploi, vieillesse.
  • Mais ils sont inégalement exposés.
  • Cette exposition dépend de leurs comportements, de leurs conduites prudentes ou "à risque", mais aussi des groupes sociaux auxquels ils appartiennent. Par exemple le risque de chômage et l'espérance de vie en bonne santé sont plus faibles pour les travailleurs exerçant les emplois les moins qualifiés.
  • L'exposition aus risques dépend de la perception des risques : de la probabilité de leur réalisation, et de l'estimation de l'ampleur des dommages. Elle dépend aussi de l'attitude face au risque : cetain ont une aversion au risque qui les conduit à utliser des procédés pour y être moins exposés on ne pas en supporter les dommages.

 

II — Comment gère-t-on collectivement les risques ?

  • La prise encharge des risques repose en premier lieu sur une logique de prévention des risques : pour éviter les conséquences néfastes de la survenue d'un risque, le mieux est encore de faire qu'il ne se réalise pas. Mais il est impossible de supprimer complètement le risque par des conduite prudentes.
  • Différents acteurs contribuent à la prise en charge des risques.
    • C'est un des rôles de la famille, instance de solidarité qui a fait ses preuves en situation de chômage, de maladie ou de vieillesse.
    • Des entreprises, comme les sociétés et mutuelles d'assurances, ont aussi développé des techniques de gestion collective des risques.  Chaque assuré paie une prime en échange de l'assurance d'être dédommagé si le risque se réalise. Elles utilisent la technique de la mutualisation des risques : plutôt que chacun paie au cas où le risque se réalise pour lui, chacun paie une petite somme qui finance les dommages pour ceux, minoritaires, pour qui le risque se réalise. Pour minimiser les risques qu'elle supportent, les sociétés d'assurances combinent cette technique avec celle de la diversfication des risques, qui consiste à assurer des risques différents pour qu'ils ne se réalisent pas tous simultanément.
  • Face à l''inégalité des situations individuelles, dans de nombreux pays, des systèmes de protection sociale obligatoires reposant sur la solidarité collective ont été mis en place par les pouvoir publics.

III — Sur quelle logique se fonde la protection sociale et quels sont les effets de la prise en charge collective des risques ?

  • Avec le développement de la société industrielle, les solidarités familiales et les systèmes d'assurances privées se sont révélés insuffisants pour prendre en charge certains risques. Progressivement, dans certains pays (d'abord en Allemagne dans les années 1890), des systèmes d'assurances sociales sont mis en place par les pouvoirs publics pour protéger collectivement les travailleurs des risques sociaux : risque de perte de revenus ou d'augmentation des dépenses liées à la malaide, la viellesse, la famille ou encore (mais plus tardivement) au chômage.
    • Dans certains pays, le système de protection sociale est élargi à toute la population, au-delà des seuls travailleurs, dans des dispositfs de protection universelle ambitieux (pays scandinaves)
    • Dans d'autres pays au contraire, seul un socle minimum est assuré (Royaume-Uni), les individus compensant le reste par des assurances privées.
    • Enfin il y a les pays (Comme aux États-Unis) où la protection sociale est réduite à la seul prise en charge des plus démunis par des systèmes d'assistance, qui cherche à le prémuir contre le risque de pauvreté.
  • Le système français mélange ces traditions. À l'origine en 1945, il est principalement basé sur une logique d'assurance, à destination des travailleurs qui reçoivent des prestation sen échange des cotisations versées. Mais il intégre progressivement des dispositifs d'assistance, comme les minima sociaux (RSA, minimum vieillesse).
    • Alors que les allocations familiales étaient versées à tous, elles osnt depuis 2015 modulées selon les revenus, dans une logique qui se rapproche de l'assistance.
    • Inversement, l'assurance maladie est devenue progressivement universelle et financée, en plus des cotisations, par des impôts (CSG)

 

Quels sont les effets du partage des risques ?

  • Le partage des risques a des effets positifs, individuellement et collectivement. :
    • Il favorise l'innovation, car i lfournit à l'entrepreneur qui innove un filet de sécurité.
    • Il contribue au bien-être individuel et collectif. Cela permet de renforcer le lien social en donnant à chacun à la fois la reconnaissance de son statut dans la société et une protection.

 

  • Cependant le partage des risques peut aussi générer des comportements à risque.
  • Certains individus se sachant assurés pourraine têtre tentés de prendre plus de risques qu'ils ne le feraient s'ils ne bénéficiaient d'aucune couverture (dans ce cas, ils devraient supporter eux-mêmes les conséquences financières de leur conduite à risque). C'est l'aléa moral.
  • Pour éviter cet aléa moral, les assureurs mettent en place des dispostifs pour inciter les assurés à ne pas adopter des conduites à risque, comme la franchise (une partie du dommage n'est pas remboursée en cas d'accident) ou le malus (augmentation de la prime d'assurance à payer après l'accident).

Pour aller (vraiment) plus loin !

Un documentaire (complet) de Gilles Perret (2016)

La Sociale, création de la Sécurité Sociale par Ambroise Croizat.