Chapitre 3 - Comment la socialisation contribue-t-elle à expliquer les différences de comportement des individus ? 

 


Qu'en pensez-vous ?

 

1/ Quelles manières de vivre en société Eddy de Pretto décrit-il comme "masculines" dans Mon Kid ?

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2/Comment peut-on expliquer cela ? 

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1/

AFFIRMER

Eddy de Pretto liste dans les paroles de sa chanson tous les comportements "typiquement masculins" auxquels un garçon est censé se conformer pour devenir "un homme", autrement dit pour être reconnu comme tel par les autres membres de la société.

EXPLIQUER

En effet, les petits garçons cherchent à copier un modèle, qui les fera ressembler aux autres garçons. Ils seront tous plus ou moins identiques et ainsi auront le sentiment d'appartenir au même groupe. Dans le cas contraire, trop de différences individuelles pourraient être vues comme une menace pour le groupe fondé sur cette identité masculine. Dans ce cas, les autres membres de la société risquent de sanctionner un comportement non conforme  par le rejet, sous différentes formes.

Pourtant, en répétant "Mais moi, mais moi" dans le dernier cuplet, Eddy de Pretto rappelle que chacun d'entre nous est / doit pouvoir être différent, aude-delà des influences du groupe auquel on appartient...

ILLUSTRER

La quasi-totalité des paroles de Mon Kid illustrent les normes qu'un individu est censé respecter pour être reconnu comme un homme à part entière par les autres membres de la société. Ainsi un homme est supposé être "fort" physiquement et moralement, faire preuve de "puissance" avec une "posture de caïd". "Invulnérable", il cherche la "bagarre", tout en se comportant "héros", un "Apollon" qui n'oublie pas de compter les "billets".

Un homme se définirait donc pas sa force, sa puissance, sa richesse et ses comportements agressifs, en marge de l'autorité. Celui qui serait plus "sensible" et oserait aller vers les "contrées roses" prend le risque de ne pas être considéré comme un homme, ou pire d'être perçu comme féminisé.

 

2/ Comment peut-on expliquer cela ?

A

E

I

Vous pouvez vous poser les mêmes questions avec les deux clips ci-dessus !


Socio 1-1 Socialisation primaire

Les sociologues nous ont appris depuis le 19e siècle (E. Durkheim, M. Weber) que pour vivre en société, nous devons apprendre à vivre ensemble dès notre naissance. Autrement dit, nos manières de faire, de penser, de parler, manger... ne sont pas innées, mais acquises, intériorisées du début à la fin de notre vie. C'est ce que l'on appelle le processus de socialisation.

 

Des instances de socialisation (primaires : famille, école - et secondaires : groupes de pairs, médias, travail, couple, citoyenneté) nous transmettent des normes et des valeurs, qui forment une culture commune à l'intérieur d'un groupe donné. Adhérer à cette culture, c'est être intégré dans ce groupe.

 

Ainsi, la socialisation de l'enfant est influencée par les normes et les valeurs mises en avant dans ses divers groupes d'appartenance : son groupe de genre (féminin / masculin) et son milieu social (défavorisé / favorisé) notamment. La socialisation va alors s'appuyer sur des représentations simplistes  (appelées stéréotypes), qui peuvent enfermer les individus dans des rôles bien particuliers.

 

Mais ce processus de socialisation n'est pas un long voyage tranquille.

En effet, dès que l'on se confronte à un nouveau groupe social, avec des normes et des valeurs éloignées des nôtres, une nouvelle socialisation s'enclenche, pour qu'on soit capable de s'intégrer à ce nouveau groupe.

 

Ou alors, si on persiste à agir selon des normes et des valeurs distinctes, notre comportement devient déviant et le contrôle social peut nous le rappeler, avec des sanctions qui visent à nous faire changer de normes et de valeurs...



Socio 1-2 Socialisation secondaire

Pour aller plus loin...

Méritocratie, ascenseur social, transfuge de classe… Les termes pour évoquer la mobilité sociale sont nombreux. Mais quelle est la réalité de ceux qui vivent ou subissent le changement de classe sociale ? Peut-on et faut-il se débarrasser des marqueurs sociaux de son milieu d’origine ?

Écoutez l'émission / débat sur France Culture! (durée 40 mn mais vous faites bien comme vous voulez!)

 




Comment devient-on déviant ?

Nous devenons déviants dès que nous transgressons les normes et les valeurs propres à un groupe social ou à une société.

Donc, tout dépend du groupe ou de la société dans laquelle je vis !

Je peux être tout à fait conforme et intégré/e dans ma société, dans mon groupe et tout à coup être déviant parce que j'ai changé de groupe. Cela va sûrement se produire si je dois migrer d'un pays à l'autre, volontairement ou non.

En France, il est ainsi fréquent d'avoir des relations assez intimes avec ses collègues de travail, on se raconte beaucoup de choses autour de la machine à café.

Mais aux États-Unis, on ne va pas jusque là, et c'est même une attitude qui va être jugée assez déplacée, car trop intrusive... déviante, en fait. 

A partir de là, soit je décide de me conformer aux normes américaines, pour m'intégrer (mais c'est dur, cela va à l'encontre de mes propres valeurs), soit je résiste et je choisis d'être déviant/e.

 

Pour certains sociologues (interactionnistes), c'est ainsi que JE choisis de mener une carrière de déviant/e : les autres vont stigmatiser mon attitude, ce qui va amplifier mon attitude déviante (je vais jouer à la "Frenchie", en surjouant les stéréotypes, juste pour embêter le monde), et en fait je vais ainsi m'exclure peu à peu de la société qui m'accueille, et de ses normes.

 

Pour d'autre sociologues (déterministes), à la suite d’Émile Durkheim, la déviance est le résultat d'une situation d'anomie, c'est-à-dire une situation où les normes sont affaiblies ou absentes. Alors on devient déviant sans le savoir ni même le vouloir, faute de connaître les règles à respecter.

Ainsi, comme dans notre société, la réussite et le travail scolaires ne permettent pas de dépenser l'argent sans compter, on peut chercher des moyens plus directs - mais illégaux - de gagner de l'argent.

Les disciples de Durkheim  verraient dans cette déviance le résultat de l'anomie, elle-même causée par les  lacunes dans la socialisation des individus, qui ne leur a pas permis d'intérioriser les normes et valeurs de la société.

Le cri, Eward Munch, 1885. (Anomie ? )
Le cri, Eward Munch, 1885. (Anomie ? )