PARTIE 1 - Comment faisons-nous pour survivre dans un monde où les ressources sont limitées ?
PARTIE 2 - Comment vivre ensemble alors que nous sommes différents ?
PARTIE 3 - Comment savoir si les richesses créées permettent à tout le monde de bien vivre ?

PARTIE 4 - le marché est-il le système le plus efficace pour garantir la satisfaction du plus grand nombre ?
PARTIE 5 - Non seulement nous vivons en société, mais nous adorons faire partie d'un groupe et aussi d'un réseau !
PARTIE 6 - La monnaie pour compter, échanger et accumuler
PARTIE 7 - Le pouvoir politique permet de réguler le fonctionnement de l'économie et de la société

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SOMMAIRE Sciences Economiques et Sociale
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PARTIE 2 - Comment vivre ensemble alors que nous sommes différents ?


Qu'en pensez-vous ?

 

1/ Quelles manières de vivre en société Eddy de Pretto décrit-il comme "masculines" dans Mon Kid ?

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2/Comment peut-on expliquer cela ? 

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1/

AFFIRMER

Eddy de Pretto liste dans les paroles de sa chanson tous les comportements "typiquement masculins" auxquels un garçon est censé se conformer pour devenir "un homme", autrement dit pour être reconnu comme tel par les autres membres de la société.

EXPLIQUER

En effet, les petits garçons cherchent à copier un modèle, qui les fera ressembler aux autres garçons. Ils seront tous plus ou moins identiques et ainsi auront le sentiment d'appartenir au même groupe. Dans le cas contraire, trop de différences individuelles pourraient être vues comme une menace pour le groupe fondé sur cette identité masculine. Dans ce cas, les autres membres de la société risquent de sanctionner un comportement non conforme  par le rejet, sous différentes formes.

Pourtant, en répétant "Mais moi, mais moi" dans le dernier cuplet, Eddy de Pretto rappelle que chacun d'entre nous est / doit pouvoir être différent, aude-delà des influences du groupe auquel on appartient...

ILLUSTRER

La quasi-totalité des paroles de Mon Kid illustrent les normes qu'un individu est censé respecter pour être reconnu comme un homme à part entière par les autres membres de la société. Ainsi un homme est supposé être "fort" physiquement et moralement, faire preuve de "puissance" avec une "posture de caïd". "Invulnérable", il cherche la "bagarre", tout en se comportant "héros", un "Apollon" qui n'oublie pas de compter les "billets".

Un homme se définirait donc pas sa force, sa puissance, sa richesse et ses comportements agressifs, en marge de l'autorité. Celui qui serait plus "sensible" et oserait aller vers les "contrées roses" prend le risque de ne pas être considéré comme un homme, ou pire d'être perçu comme féminisé.

 

2/ Comment peut-on expliquer cela ?

A

E

I

Vous pouvez vous poser les mêmes questions avec les deux clips ci-dessus !


Socio 1-1 Socialisation primaire

Les sociologues nous ont appris depuis le 19e siècle (E. Durkheim, M. Weber) que pour vivre en société, nous devons apprendre à vivre ensemble dès notre naissance. Autrement dit, nos manières de faire, de penser, de parler, manger... ne sont pas innées, mais acquises, intériorisées du début à la fin de notre vie. C'est ce que l'on appelle le processus de socialisation.

 

Des instances de socialisation (primaires : famille, école - et secondaires : groupes de pairs, médias, travail, couple, citoyenneté) nous transmettent des normes et des valeurs, qui forment une culture commune à l'intérieur d'un groupe donné. Adhérer à cette culture, c'est être intégré dans ce groupe.

 

Ainsi, la socialisation de l'enfant est influencée par les normes et les valeurs mises en avant dans ses divers groupes d'appartenance : son groupe de genre (féminin / masculin) et son milieu social (défavorisé / favorisé) notamment. La socialisation va alors s'appuyer sur des représentations simplistes  (appelées stéréotypes), qui peuvent enfermer les individus dans des rôles bien particuliers.

 

Mais ce processus de socialisation n'est pas un long voyage tranquille.

En effet, dès que l'on se confronte à un nouveau groupe social, avec des normes et des valeurs éloignées des nôtres, une nouvelle socialisation s'enclenche, pour qu'on soit capable de s'intégrer à ce nouveau groupe.

 

Ou alors, si on persiste à agir selon des normes et des valeurs distinctes, notre comportement devient déviant et le contrôle social peut nous le rappeler, avec des sanctions qui visent à nous faire changer de normes et de valeurs...



Socio 1-2 Socialisation secondaire

Pour aller plus loin...

Méritocratie, ascenseur social, transfuge de classe… Les termes pour évoquer la mobilité sociale sont nombreux. Mais quelle est la réalité de ceux qui vivent ou subissent le changement de classe sociale ? Peut-on et faut-il se débarrasser des marqueurs sociaux de son milieu d’origine ?

Écoutez l'émission / débat sur France Culture! (durée 40 mn mais vous faites bien comme vous voulez!)

 




Socio 3-1 Contrôle social

Quelle que soit notre socialisation (primaire et secondaire), il arrivera toujours un moment, même bref, où notre comportement ne sera pas complètement conforme aux normes et valeurs en vigueur dans notre société.

Il suffit pour cela de changer de milieu social, par exemple quand on arrive en classe de 2nde... En apparence, tout le monde semble avoir les mêmes repères, voire les mêmes façons de s'habiller. Et pourtant. Et pourtant, de multiples détails peuvent détonner : la façon de parler, de s'habiller, le téléphone qu'on a (ou pas), les séries qu'on regarde (ou pas), la musique qu'on écoute (ou pas), les notes qu'on à l'école... Tout peut faire de vous un déviant, à savoir un individu qui enfreint les normes et les valeurs dominantes dans un groupe donné.

Face à cela, les groupes sociaux, voire la société dans son ensemble, exerce une contrainte sur l'individu pour le pousser à rentrer dans la norme,  à se conformer aux normes et valeurs dominantes : c'est le contrôle social.

Le contrôle social peut être

  • formel (par des institutions telles que la police ou la justice, pour faire respecter les normes sociales écrites, autrement dit les normes juridiques). Cette forme de contrôle social tend à augmenter dans les sociétés contemporaines.
  • informel (pression diffuse de l'entourage - village, quartier, famille, religion) de l'individu pour faire respecter les normes sociales). Cette forme de contrôle social tend à se réduire dans les sociétés contemporaines.

Le contrôle social des individus s'exerce à travers de sanctions ; ces sanctions peuvent être positives, quand il s'agit d'encourager, de récompenser, pour valoriser un comportement que la société présente comme un modèle. L'hommage populaire rendu à Johnny Hallyday le samedi 09 décembre 2017 en est un bel exemple, mais cela peut être aussi illustré par les petits cadeaux qu'on peut faire à un enfant qui s'est "bien conduit", ou un super cadeau de Noël pour les bonnes notes du premier trimestre.

 

Et bien sûr ces sanctions peuvent être négatives, quand la société punit les individus pour leur comportement déviant, c'est-à-dire non conforme aux normes et valeurs sociales en vigueur dans la société. Le cas le plus évident est le recours à la moquerie, utilisée pour dévaloriser le comportement d'un individu, à travers ses choix vestimentaires, musicaux, sa manière de parler, son accent, son genre...(la liste est infinie, en fait).

 

La notion de contrôle social est importante aujourd'hui si l'on veut réfléchir à l'impact des nouvelles technologies de l'information et de la communication comme instrument de contrôle massif des comportements individuels. Par exemple la géolocalisation permet à chacun de connaitre la position géographique  de chacun. N'est-ce pas la motivation première de tout parent qui décide d'acheter un téléphone portable à son enfant ?!  Mais d'un autre côté cela signifie une vraie régression des libertés fondamentales des individus, comme la liberté d'expression et de circulation.

 

 



Socio 3-2 Déviance

Comment devient-on déviant ?

Donc nous devenons déviants dès que nous transgressons les normes et les valeurs propres à un groupe social ou à une société. Donc, tout dépend du groupe ou de la société dans laquelle je vis ! Je peux être tout à fait conforme et intégré/e dans ma société, dans mon groupe et tout à coup être déviant parce que j'ai changé de groupe. Cela va sûrement se produire si je dois migrer d'un pays à l'autre, volontairement ou non. En France, il est ainsi fréquent d'avoir des relations assez intimes avec ses collègues de travail, on se raconte beaucoup de choses autour de la machine à café. Mais aux États-Unis, on ne va pas jusque là, et c'est même une attitude qui va être jugée assez déplacée, car trop intrusive... déviante, en fait.  A partir de là, soit je décide de me conformer aux normes américaines, pour m'intégrer (mais c'est dur, cela va à l'encontre de mes propres valeurs), soit je résiste et je choisis d'être déviant/e.

 

Pour certains sociologues, c'est ainsi que JE choisis d'être de mener une carrière de déviant/e : les autres vont stigmatiser mon attitude, ce qui va amplifier mon attitude déviante (je vais jouer à la "Frenchie", en surjouant les stéréotypes, juste pour embêter le monde), et en fait je vais ainsi m'exclure peu à peu de la société qui m'accueille, et de ses normes.

 

Pour d'autre sociologues, à la suite d’Émile Durkheim, la déviance est le résultat d'une situation d'anomie, c'est-à-dire une situation où les normes sont affaiblies ou absentes. Et alors on devient déviant sans le savoir ni même le vouloir, faute de connaître les règles à respecter. Ainsi, comme dans notre société, la réussite et le travail scolaires ne permettent pas de dépenser l'argent sans compter, on peut chercher des moyens plus directs - mais illégaux - de gagner de l'argent. Les disciples de Durkheim  verraient dans cette déviance le résultat de l'anomie, elle-même causée par les  lacunes dans la socialisation des individus, qui ne leur a pas fait intérioriser les normes et valeurs de la société.

Le cri, Eward Munch, 1885. (Anomie ? )
Le cri, Eward Munch, 1885. (Anomie ? )


Socio 3-3 Déviance et délinquance

Toute délinquance est une forme de  déviance mais toute déviance n'est pas délinquance.

La délinquance, c'est la transgression d'une norme juridique (une loi écrite) ; c'est donc une sous-partie de la déviance (l'autre sous-partie, beaucoup plus volumineuse, étant constituée des comportements qui transgressent des normes sociales non écrites, implicites).  Autrement dit la délinquance n'est qu'un cas particulier de déviance.

 

Mais si ce n'est qu'un cas particulier de déviance, la délinquance occupe une place de premier plan dans les débats publics, parce qu'on on y voit souvent la preuve (ou non) que les individus seraient plus ou moins respectueux des normes sociales, plus ou moins intégrés dans la société.

 

Le problème, c'est qu'il est difficile de mesure la délinquance dans un pays. En effet, il peut y avoir un monde entre les chiffres fournis par la police et la justice et ceux de la délinquance réelle, pour beaucoup de raisons : les femmes ont longtemps passé (et passent encore) sous silence un grand nombre de délits commis à leur encontre par peur du contrôle social informel (le qu'en dira-t-on en cas de violence conjugale, de harcèlement sexuel et de viol) ; d'autres ne se donnent pas la peine de signaler des vols, parce qu'ils pensent que les auteurs ne seront jamais poursuivis. La police, quant à elle, peut tout à coup faire monter certains chiffres parce que le pouvoir politique exige une image d'efficacité sur telle délinquance (trafic de drogue) plutôt que sur tel autre (fraude fiscale).  C'est ce que l'on appelle le chiffre noir de la délinquance.

 

C'est pourquoi on utilise de plus en plus les enquêtes de victimation, qui consistent à enquêter auprès d'un échantillon représentant la population afin de déterminer la proportion de personnes victimes d'un acte de délinquance. Évidemment, ces enquêtes elles-mêmes sont approximatives, puisqu'elles reposent sur les déclarations spontanées des gens, sans qu'on puisse en vérifier la véracité.

schéma d'Amélie S.
schéma d'Amélie S.

Mémoriser les notions de la 2ème partie avec les jeux de cartes de Gurunes :


PARTIE 3 - Comment savoir si les richesses créées permettent à tout le monde de bien vivre ?

Un peu plus haut, nous avons vu comment les êtres humains tentaient depuis toujours de lutter contre le problème de la rareté. Autrement dit, les ressources disponibles pour satisfaire l'immensité des besoins humains ne sont pas extensibles... Elles ne sont a priori jamais suffisantes pour satisfaire ces besoins. C'est pourquoi nous avons peu à peu inventé un système qui permet de produire plus de richesses, c'est-à-dire qui permet de créer une valeur ajoutée : ce surplus de richesse généré par la combinaison du facteur travail et du facteur capital va devoir ensuite être reversé aux individus qui ont contribué à la création de ce surplus de richesse.

Et là, c'est un autre vaste problème : qui gagne combien et pourquoi ? Comment va-t-on partager cette richesse ? au nom de quel principe ? Doit-on donner plus à ceux qui le méritent ? Doit-on donner un peu à tout le monde par souci d'égalité ?

Qu'en pensez-vous ?

Eco 1-3 Répartition des revenus et de la richesse

Eco 1-4  Grands équilibres économiques


Les opérations sur les biens et les services sont liées par une relation d'équilibre entre ressources et emplois.

En effet, au cours d'une période donnée, le total des ressources pour un produit (bien ou service) est nécessairement égal au total des emplois (ses utilisations). La variation des stocks permet l'ajustement dans le temps de l'offre (ressources) et de la demande (emplois).

 

L'équilibre entre ressources et emplois pour un produit donné s'écrit ainsi :

PIB + M = C + FBCF + var.St + X

*

RESSOURCES / OFFRE GLOBALE

Production + Importations 

=

EMPLOIS / DEMANDE GLOBALE

[Consommation intermédiaire + Dépenses de consommation finale] + Formation brute de capital fixe + Variations de stocks + Exportations

On isole parfois les dépenses publiques [G] de la consommation finale des ménages [C], l'égalité ressources = emplois devient alors :

 

PIB + M = C + G + I + X +ΔStocks (+ ou -)

 

 

Mémoriser les notions de la 3ème partie avec les jeux de cartes de Gurunes :